Mairie de Courchevel

Histoire de la station

Le développement du tourisme

Jour d'arrivée des skieurs devant la mairie de Saint-Bon (1930 environ)
Jour d'arrivée des skieurs devant la mairie de Saint-Bon (1930 environ)
Touristes venus de Brides en calèche (1910 environ)
Photo de touristes venus de Brides en calèche (1910 environ)
Publicité Saint-Bon (1939)
Publicité Saint-Bon (1939)

D'abord un tourisme estival

Le développement du chemin de fer jusqu'à Moutiers et l'essor de la station thermale de Brides favorisa d'abord un tourisme estival. Dès 1908, Agathe Curtet avait ouvert un café restaurant à Saint-Bon, le " Chalet Curtet ", qui devint rapidement l'hôtel du Lac Bleu. C'était le point de départ d'excursions vers les alpages et les lacs de la montagne environnante. Quelques familles, souvent originaires de la région lyonnaise, venaient pour passer leurs vacances d'été à la montagne. Elles louaient les maisons laissées vacantes par la transhumance en alpages ou prenaient pension au " Chalet Curtet ". Parmi ces passionnés de montagne, il y avait déjà quelques skieurs téméraires remplaçant les estivants durant l'hiver.

Le ski devient un sport

Pendant longtemps, le ski fut utilisé dans les pays nordiques comme moyen de locomotion. Au début du 20ème siècle, les militaires l'adoptèrent, perfectionnant le matériel et formant les troupes. Ils contribuèrent ainsi à son développement. Le ski devint rapidement un sport et un loisir. Une nouvelle économie se mit en place grâce au tourisme hivernal.

Louis Curtet et André Vilna, conscients du potentiel de la vallée de Saint-Bon et de ses champs de neige (Pralong, Pralin, Verdon...), décidèrent, dès 1925, d'ouvrir l'hôtel du Lac Bleu toute l'année.

Les remontées mécaniques n'existant pas encore, les descentes à ski étaient précédées de longues montées à pied ou à peau de phoque. Les skieurs les plus aguerris partaient pour la journée et grimpaient jusqu'au col de la Loze, la pointe de la Vizelle, le Roc Merlet, Les Avals... Une course au départ de Saint-Bon pour le sommet de la Vizelle demandait environ 7h15 de montée pour une descente d'environ 2h30.

L'organisation de concours était un des moyens de promotion de ce nouveau sport. Les premiers l'ont été par le Club Alpin Français ou le Touring Club de France dès le début du 20ème siècle. A Saint Bon, le Ski Club créé en 1930 organisait régulièrement des compétitions sur la commune alliant des épreuves de descente entre le Col de la Loze et Saint-Bon, de slalom et de saut au Praz.

Les premiers skieurs de Courchevel

Les premiers hivernants étaient très sportifs et amateurs de sensations fortes. Ils venaient skier en groupe et aimaient se divertir. Skieurs souvent confirmés, leurs récits dans les revues comme celle du Club Alpin Français ou dans l'Illustration ont beaucoup fait pour attirer une clientèle plus large dans les stations naissantes de l'époque. Cet engouement pour le ski créa de nouveaux métiers notamment celui de moniteur de ski. A Saint-Bon les premiers moniteurs furent des autrichiens embauchés par Louis Curtet et attachés à l'hôtel du Lac Bleu. Par la suite, les jeunes du pays se formèrent et purent les remplacer. Jean Pachod fut le premier Saint Bonnais diplômé, suivi par Régis Chevallier, Eugène Chardon, Jean Sullice et Jean Blanc.

Une station qui s'organise

Louis Curtet, maire de la commune de 1928 à 1940, a été l'un des premiers à vouloir développer les infrastructures touristiques et améliorer l'accueil des hivernants. Très entreprenant, il ouvrit aux skieurs les chalets d'alpage permettant d'approcher les meilleures pentes. Sur un principe identique, le chalet d'alpage de Pralin Mugnier était régulièrement utilisé par le Club Alpin Français et une bergerie fut aménagée par M. Schitz sur le site de Bellecôte pour y accueillir des groupes de jeunes skieurs. Progressivement, des chalets hôtels s'ouvrirent au Praz, à Courchevel 1550 ou à Moriond pour loger les randonneurs. La station fut rapidement bien cotée malgré des d'équipements peu nombreux et un accès difficile. Les autocars et les voitures déposaient skieurs et bagages devant la mairie et l'hôtel du lac Bleu et la fin du voyage se faisait en traineau. Plusieurs projets de remontées mécaniques furent étudiés à la fin des années 1930 (téléphérique, remontes-pentes) mais ils n'aboutirent pas à cause de la seconde guerre mondiale.

Un territoire montagnard

Les alpages
Les alpages

Jusqu'au début du 20ème siècle, l'économie de la commune de Saint-Bon était basée sur l'élevage et la fabrication fromagère. L'industrialisation des fonds de vallée modifia cette structure économique et permis aux hommes d'avoir une double activité : ouvriers et paysans.

Habitat permanent

On trouvait un habitat permanent du Carrey au Praz dans des villages et hameaux plus ou moins importants : Saint-Bon, Le Praz, Le Petit et le Grand Carrey, La Cuerdy, Le Grenier, Le Fontanil, Le Buisson, Le Fay, La Jairaz, Le Freney, Montcharvet.

Les montagnettes

Au-dessus du Praz, les "montagnettes" s'étageaient entre 1400 et 1600 m d'altitude. Il s'agissait de hameaux uniquement habités au printemps et en automne par des familles possédant aux alentours des prés de fauches ou de pâture. Ces zones ont été englobées pour la plupart d'entre elles dans le nouveau tissu urbain créé par les stations de sports d'hiver : Le Vieux Moriond, Le Petit Moriond, Les Provères, Les Grangettes, Les Rois, Les Brigues, Le Lételé, Montgela, La Choulière, La Corbière.

Les alpages

Encore plus haut se trouvaient les alpages : Grande et Petite Val, Les Merlets, Plan du Prêtre, Chanrouge, Ariondaz, Pralin Mugnier, Grand et Petit Pralin, Les Creux, Pralong. Les premiers alpages de la commune ont sans doute été créés dès le 13ème siècle à l'initiative des moines défricheurs issus du monastère de Tamié. On y trouvait des halles, des chalets d'alpages, des caves et bon nombre de granges à foin localisées en général sur les sites d'altitude destinés aux prés de fauche : Moriond, Praméruel, Les Tovets, Cospillot, Bellecôte, Nogentil, Plantret... La plupart de ces secteurs ont aussi été urbanisés à partir de 1946 pour constituer les nouvelles stations.

Pour en savoir plus

Naissance d'une grande station

Les deux premiers hôtels (1947)
Photo des deux premiers hôtels (1947)
Arrivée de la télécabine des Verdons (1965)
Photo de l'arrivée de la télécabine des Verdons (1965)
Courchevel aujourd'hui
Photo de Courchevel aujourd'hui

Un potentiel remarqué dès 1942

Les années 1940 furent décisives pour la commune. En 1942, le gouvernement de Vichy mandata une équipe de spécialistes afin de recenser à ski les potentialités d'équipement de la région des " Trois Vallées ". Le rapport de la " mission 42 " établit ainsi un premier projet d'aménagement pour le site. Jean Blanc, enfant du pays et trois fois champion de France de ski, s'était aperçu lors de compétitions à l'étranger que les champs de neige de Courchevel n'avaient rien à envier aux stations autrichiennes et suisses. Il prit alors une part active au développement du ski dans la vallée et fut notamment à l'origine de la construction du premier téléski : le Sainte Agathe à Moriond en 1945.

1946 : naissance de la station

En 1945, le Conseil général de la Savoie décida d'intervenir dans l'aménagement touristique des Trois Vallées. Le 3 mai 1946, le Conseil municipal de Saint-Bon sous la présidence de son maire, Francis-Eugène Mugnier, et à l'unanimité, accepta de céder au Département les terrains communaux nécessaires à la construction d'une nouvelle station de sports d'hiver (Tovets, Bellecôte, Loze, Vizelle). Laurent Chappis, architecte-urbaniste, fut alors chargé d'élaborer le plan d'urbanisme de cette nouvelle station. 1946 fut l'année de la construction de la route d'accès entre Courchevel et les Tovets, des premiers hôtels (hôtel départemental des Trois Vallées, chalet-hôtel de la Loze) et des premières remontées mécaniques (téléskis de la Loze et des Tovets).

L'origine du nom "Courchevel"

Au mois de juin 1946, une réflexion sur le nom de la future station construite sur le plateau des Tovets est engagée. A l'initiative de ce projet, M. Pierre de La Gontrie, président du Conseil général de la Savoie (de 1945 à 1951) et future maire de Saint-Bon (de 1959 à 1968), qui trouve le nom des " Tovets " fort peu commercial. Après plusieurs discussions, le choix est fait : le 30 novembre 1946, la station est baptisée Courchevel. Ce nom est issu du terroir local - " ecortzevé " en patois de Saint-Bon signifie " écorché " - et désigne un lieu-dit à 1500 m d'altitude où les jeunes bergers étaient vigilants avec les veaux tentés par la pousse printanière des brins d'herbe verts et drus, fatals à leur langue...

L'expérience d'Emile Allais au service de Courchevel

Le début des années 1950 vit la mise en service d'un téléski au Biollay, du téléphérique des Verdons à la Saulire permettant la jonction avec la Vallée des Allues, des télébennes des Verdons, du Praz et des Grangettes marquant ainsi le début de l'aménagement du domaine skiable que nous connaissons aujourd'hui. La station fut également équipée d'un tremplin, face à la Croisette (il sera détruit après la construction des tremplins olympiques du Praz) et d'une patinoire (à l'emplacement du Forum). De 1954 à 1964, Emile Allais fut le directeur technique et sportif de la station. Il inventa l'idée du domaine skiable damé et entretenu pour le confort des skieurs. Il était plus important pour lui de bien faire descendre les clients du sommet de la station plutôt que de les aider à monter. En 1959, il fit acheter par le Département un premier véhicule chenillé, le " snow-cat ", utilisé pour les expéditions polaires, en vue de réaliser des essais de damages mécaniques de la neige. On lui doit aussi la mise au point du métier de pisteur-secouriste. En 1958, la station comptait un téléphérique, trois télébennes, six téléskis, huit kilomètres de voirie, 210 bâtiments offrant une capacité d'accueil de 2843 lits et 51 commerces.

Courchevel compte aujourd'hui 60 remontées mécaniques, 93 pistes de ski alpin, 27 kilomètres de voirie, 49 hôtels, et une capacité d'accueil touristique de 40 000 lits environ. L'ensemble des Trois Vallées s'est développé pour devenir le plus grand domaine skiable du monde ; Courchevel devenant une référence internationale dans le paysage des stations de sports d'hiver.

Les maires de la commune

Dans l'ancien Duché de Savoie, les syndics étaient désignés par l'intendant de la province pour gérer les biens de la collectivité et faire respecter l'ordre sur le territoire. Leurs fonctions étaient analogues à celles d'un maire français.

Dans une commune rurale comme Saint-Bon, vivant de l'élevage et de la production de fromage, les droits d'alpages, de pâturages et des eaux étaient particulièrement surveillés. Le dernier syndic connu de Saint Bon est Jean-Jacques CHARVIN. A partir du rattachement de la Savoie à la France en 1860, il devint le premier maire de la commune.

1860 : Jean-Jacques CHARVIN
1871 : Jean-Marie CHARDON
1874 : Jean-Jacques CHARVIN
1878 : Jean-Joseph BLANC
1884 : Jean-Marie CHARDON
1888 : Jean-François SULLICE
1892 : Jean-Marie PACHOD
1904 : Jean-Joseph PERROT
1908 : Jean-Marie PACHOD
1912 : Joseph MUGNIER
1929 : Louis François CURTET
1940 : Joseph-Marie CHARDON
1944 : Francis Eugène MUGNIER
1951 : Jean-Pierre PERROT
1953 : Eugène GORMIER
1954 : Emile ANCENAY
1959 : Pierre de la GONTRIE
1968 : Eugène FAVRE
1971 : Maurice MOREL
1977 : Pierre CAUQUOZ
1983 : Michel ZIEGLER
1997 : Gilbert BLANC TAILLEUR
2014 : Philippe MUGNIER