Histoire de l'Altiport

Aux origines

Saviez-vous que le mot " Altiport " qui figure aujourd'hui dans le dictionnaire a été inventé en 1961 pour Courchevel ? Retour sur le création de cette piste d'aviation pas comme les autres, inclinée, courte au regard des aéroports de plaine, symbole d'une aventure humaine hors du commun...Celle de l'aviation de montagne.

Aux origines

Ils étaient une poignée de passionnés d'aviation, Michel Ziegler et sa petite équipe, dont Robert Merloz, des disciples d'Hermann Geiger, le " pilote des glaciers " pionnier, avec le français Henri Giraud, des atterrissages sur pente en montagne. Ensemble, ils voulaient développer cette aviation particulière : déposer des skieurs et leurs guides sur les glaciers, desservir les stations de ski enclavées, d'abord en vol à la demande (taxis aériens) puis en ligne régulière.

Il fallait dont créer une compagnie aérienne. Chamonix et Megève, stations déjà bien établies, ne voulurent pas se lancer dans cette aventure un peu folle, alors nos compères se tournèrent vers les nouvelles stations. Emile Allais directeur technique de la station, Gilles de La Rocque directeur de l'Office de Tourisme ou encore Jean Blanc champion de ski et enfant du pays n'eurent pas de mal à convaincre le maire de l'époque Emile Ancenay. En 1961, il approuve avec son conseil la création d'une piste d'atterrissage. Le 31 janvier 1962, Courchevel reçurent leur premier atterrissage !

La compagnie Air Alpes et le Pilatus

La première aérogare avec un Pilatus et le taxi-chenillette

Sur l'alpage de Pralong, on construisit un petit hangar. La chenillette revenue des expéditions polaires de Paul Emile Victor fut réquisitionnée pour damer la piste. Quant aux clients, ils venaient prendre leur avion à ski ! La route ne viendra que plus tard. Les premiers vols desservaient Genève, Lyon ou Chambéry. La naissance de l'Altiport de Courchevel est indissociable de la création d'Air Alpes, petite compagnie régionale comme il en apparaît partout en France à l'époque. Autre acteurs incontournable : le Pilatus. Un avion de montagne, capable de transporter classiquement des passagers, de déposer sur un glacier, de lutter contre les incendies dans le sud  ou encore de combattre les orages de grêles au-dessus des vignobles...

Évolutions

Embarquement pour Paris à bord d'un Twinn Otter équipé de ski

Face aux embouteillages grandissants sur les faibles routes accédant aux stations, Air Alpes connaît un succès rapide, et le trafic augmente sur l'Altiport. Au milieu des années 70, les Pilatus déposent sans cesse des skieurs sur les glaciers de la Vanoise, les Twin Otter (avion bimoteur) amènent chaque jour un flot de clients de Paris ou Genève. La décision est prise à cette époque de déneiger en permanence la piste pour que les avions puissent se poser sans ski.

La piste va être rallongée et réorientée, à l'occasion des JO de 1992, afin d'accueillir un avion encore plus gros, le Dash 7, un quadrimoteur spécialisé dans les atterrissages sur une courte distance.

Mais Air Alpes commence à connaître des difficultés financières. La compagnie est rachetée par TAT en 1981. Le nouveau propriétaire met un terme à la desserte régulière des stations. En 1985, les déposes sur glacier sont interdites en France, et le trafic aérien sur l'Altiport chute. Puis l'arrivée, d'abord timide, puis très vite importante, de l'hélicoptère privé en montagne va donner un nouvel élan à l'Altiport de Courchevel. Le groupe SAF, créé en 1979, arrive en force. Parallèlement, le nombre d'avions privés de passage remonte dans les années 90.